À 50%.

Publié le par Jimoni

 

Les mesures prises par l'Ennemi devenaient insoutenables pour notre armée. Cela faisait trois mois que nous étions encerclés et reclus dans la ville. Le premier mois avait été difficile, le temps de s'adapter à ces nouvelles conditions de vie guerrière. Les deuxième et troisième mois ont été plus simples. Mais la fin du troisième mois était plus compliquée. Les vivres commençaient à manquer et les soldats étaient las de se battre. Que pouvais-je faire pour redresser la situation ?

 

Je pris quelques vêtements d’un berger du coin et, aux heures froides du matin, je me décidai à me promener autour de la ville afin d’avoir une vision nette de la situation. Il m’apparut qu’elle était désespérée. Les adversaires étaient trop nombreux. Un rempart de soldats formait comme un cercle parfait autour de nous : comment ne serait-ce que le franchir, puisque sa démolition n’était plus à l’ordre du jour ? Nous n’affrontions pas des hommes, mais la Muraille de Chine elle-même qui avait rampé tel un serpent de l’extrême-orient jusque dans cette contrée afin de nous confiner.

 

Je contemplais cette triste merveille quand, soudain, vint le Soleil. Sa lueur pénétra mes yeux et ensoleilla mon âme. Il sécha, par ses rayons, mes larmes intérieures qui n’attendaient qu’une goutte de vulnérabilité dans mes sentiments pour déborder sur mes joues. Et je compris que c’était là un message divin : seul l’Espoir pouvait nous délivrer. Alors, sans réfléchir, je pris un modeste bâton et alla, seul, à la rencontre de l’ennemi.

 

Profitant de la fatigue matinale, je me faufilai entre les tentes de mes adversaires. Rapidement, je vis une tente ouverte dans laquelle deux ennemis dormaient. Je serrai alors au maximum mon bâton entre mes paumes et, rapidement, je pris la décision de m’assurer rapidement de la prolongation de leur sommeil, pour quelques heures au moins. Je mis leurs vêtements, et les quelques affaires personnelles dont ils disposaient, dans mon sac à dos. Puis, je sortis de la tente et m’en allai courir au plus vite pour rentrer.

 

Zut, on me repéra. Une zizanie d’ennemis suivit mes traces quand, en face, une splendide formation d’amis m’encourageait : « Vas-y ! Aller mon gars, aller ! ». Je ne courrais pas, je volais. Et tel un ange, je vins rejoindre mes hommes en amenant le message de Dieu que je reçus ce matin. De mon exploit et de mes trophées, ils comprirent. Espérer, attendre et gagner : c’était la voie vers la victoire.

 

Parce que dans notre guerre, temporiser était la meilleure des stratégies, on ne pouvait compter que sur l’espoir pour prendre notre mal en patience. Mais à quel prix ? Qu’en reverrons-nous, hélas, notre vie d’antan ? Était-il nécessaire que nous nous en privions ? Peu importe finalement, nous nous devions d’obéir et d’accepter notre destin. Il ne nous restait, pour seule liberté, que d’allumer des lumières entre chacun de nous.

Publié dans Fiction stratégique

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