Comment être rusé ? (la mètis)

Publié le par Jimoni

La guerre de Troie : qui n’en a jamais entendu parler ? Qui n’a jamais entendu parler d’Ulysse, dit « aux mille ruses », auteur de la défaite des Troyens ? Qui n’a jamais entendu parler de sa ruse : le cheval de Troie ?

Cela faisait dix ans que les Troyens vivaient sous un siège. Grâce à leurs immenses remparts, leurs valeureux soldats, et leur ténacité, les Troyens parvinrent à se maintenir dans leur cité. Puis un jour, les Grecs reprirent la mer. Seul un immense cheval en bois était resté. Cadeau de la déesse Athéna ? Piège des Grecs ? Les avis divergeaient. Finalement, ils rapportèrent le cheval dans leur cité.

Les heures passèrent, la nuit tomba. Des soldats Grecs sortirent du cheval en bois puis se dirigèrent près des portes de la cité pour les ouvrirent. Pendant ce temps, l’armée Grecque, revenue, attendait devant Troie. Une fois les gardes des portes massacrés, les portes s’ouvrirent. Les Grecs s’y engouffrèrent. Puis, le massacre de Troie eut lieu. C’est ainsi que par sa ruse, sa « mètis », Ulysse donna la victoire à ses alliés.

 

Ulysse est connu pour son intelligence particulière. Face à n’importe quelle situation, il trouve des idées et des solutions originales pour y faire face. Or, l’élaboration d’une stratégie suppose de savoir s’adapter aux circonstances. Ulysse est donc un très bon stratège. Et si, pour devenir aussi bon que lui, nous pouvions aussi développer son intelligence rusée, sa mètis ?

 

Premièrement. Qu'est ce que la mètis ?

 

Tout d'abord, la mètis ( du grec ancien "le conseil, la ruse" ) est un mot grec qui désigne une intelligence particulière qui fait de nous des êtres rusés, habiles, innovateurs, et qui peut s'appliquer à des domaines très variés tels que l'art de la guerre, l'artisanat, les domaines artistiques, les jeux, la rhétorique etc. En quelque sorte, c'est l'intelligence de l'ingénieur. On pourrait d’ailleurs traduire « mètis » par « ingéniosité ». L’ingénierie est typiquement le métier de l’innovation, de la recherche de solutions originales face à des problèmes complexes. Mais, c’est plus largement l’intelligence de tout débrouillard, c’est-à-dire de tous ceux qui doivent se débrouiller dans des situations dont ils ne connaissent pas la solution a priori. D’une certaine façon, c’est l’intelligence d’homo sapiens qui, malgré toutes ses faiblesses, est le plus grand des prédateurs parce qu’il sait piéger et faire feu de tout bois. Bref, la mètis est l’intelligence du débrouillard. Or, qu’est-ce qu’un stratège si ce n’est, avant tout, un chef empêtré dans des situations complexes et incompréhensibles.

 

L'origine de ce mot provient de la mythologie grecque. En effet, la première épouse de Zeus - la mère d'Athéna - s'appelait Mètis. Elle était la personnification de la sagesse et de l'intelligence rusée. Cette notion de mètis est une notion centrale de la culture grecque. Être doté d'une mètis développée était une qualité très valorisée. C'est pourquoi figurent parmi leurs héros des personnages mythiques qui possédaient cette intelligence, comme Ulysse. Mieux encore, cette intelligence était même enseignée dans plusieurs domaines, comme le domaine militaire pour former des généraux de qualité. On sait, effectivement, qu’un grand stratège a appris à développer sa mètis durant son enfance. C'est en effet le cas d'Hannibal Barca, qui avait pour maître un précepteur spartiate du nom de Solysos. Et de cet enseignement, on peut dire qu’il a porté ses fruits ! La traversée des Alpes, la bataille de la Trébie, l'embuscade du lac Trasimène et la bataille de Cannes sont autant de preuves de l'esprit rusé d'Hannibal et de l'efficacité de ses ruses.

 

 

Deuxièmement. Pouvons-nous apprendre la mètis et si oui comment ?

 

Si Hannibal Barca l’a fait, pourquoi pas vous ? Pour savoir comme apprendre la mètis, commençons par revenir sur la définition de la mètis. La mètis est une intelligence rusée. Elle permet de trouver des solutions originales face à des problèmes complexes. Les deux mots importants ici sont « solutions originales ». En effet, il faut résoudre un problème. Mais la solution ne nous apparaît pas directement. Il faut donc penser autrement et faire preuve d’originalité. La fourberie, la feinte, la tromperie, le mensonge ; quel est le lien entre ces mots du lexique de la ruse ? Le lien est qu’on contourne le problème. On n’agit pas de manière directe, mais indirecte. On utilise des moyens inattendus qui n’ont pas été observés. Ainsi, le but est de trouver une solution inattendue. Pour cela, j’ai deux premiers conseils à vous donner.

 

  • Réunissez un maximum d'informations et interprétez-les bien. En effet, pour stimuler votre cerveau, il faut que vous ayez des connaissances sur le problème qui vous fait face. Avec peu d'informations, il est plus difficile de trouver des solutions. Surtout, plus vous êtes informés, plus vous élargissez vos moyens, vous ferez aussi mieux face aux imprévus et préviendrez les erreurs.

 

  • Sortez des conventions, élargissez votre vision des choses, restez ouvert. Il ne faut pas vous mettre des barrières. Ne vous enfermez pas dans les schémas classiques, bien qu’ils soient rassurants. Faites vous un « brainstorming ». Autrement dit, réfléchissez d’abord à un maximum d’idées et classez-les ensuite en repérant les bonnes idées. Mais comme ces idées sortiront sans doute de l’ordinaire, je vous conseille aussi...

 

  •  ... d'être audacieux. Ayez le courage d’agir en dehors des sentiers battus. Je vous parlais de schémas classiques au-dessus. Lorsque vous êtes rusés, vous sortez de ces schémas. Forcément, comme vous ne connaissez pas l’efficacité des solutions que vous allez adopter, vous aurez peur. Toutefois, sachez que l’audace élargit non seulement votre champ des possibilités, mais elle vous permettra d’agir et de remporter des victoires spectaculaires. Ayez confiance en vos idées et en votre capacité à innover !

 

  •  Un dernier conseil : faites simple si possible.  Les ruses les plus simples sont les plus efficaces. Opter pour une ruse complexe rend son exécution complexe. Or, plus l’exécution d’une action est compliquée, plus vous êtes susceptible de faire des erreurs et donc d’échouer votre ruse. De plus, en cherchant à faire simple, vous passerez moins de temps à chercher votre ruse : vous serez donc plus réactif. Or, nombre de situations demandent avant tout de la réactivité.

 

En résumé, il faut d'abord rassembler des informations. Puis, faire preuve d’ouverture d’esprit. Enfin, d’être audacieux et courageux. Et si vous le pouvez, le mieux est de faire simple. En quatre mots : observation, imagination, courage et simplicité.

Voilà la méthode que je vous préconise. Libre à vous de l'adopter. Au moins, j'espère, éventuellement, qu'elle vous inspirera.

Publié dans Quelques conseils

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