Avec un peu de volonté...

Publié le par Jimoni

 

Parmi les facteurs incalculables qu'il existe en matière de stratégie, et particulièrement lorsque celle-ci est guerrière, le facteur moral est l'un des plus décisifs. Par facteur incalculable, on évoque ici l'ensemble des facteurs matériels ou psychologiques qu'on ne peut quantifier. C'est le cas, comme nous l'avons dit, du moral. Mais d'autres facteurs incalculables existent, tels que la fatigue, ou la santé. Bref, si les effectifs militaires, la quantité d'armes et de munitions, ou encore le nombre de voies de communication, peuvent être calculés ; on ne peut pourtant pas déterminer quel est le taux de moral global des soldats, quel est leur taux de fatigue, ou quel est leur taux de santé. Il n'en reste pas moins que ces facteurs incalculables existent et qu'ils ont une importance primordiale dans la détermination de l'issue d'un combat. Parmi eux, nous l'avons dit, le facteur moral, c'est-à-dire la volonté de se battre, est surement le plus décisif. Et cela, que ce soit lors d'une guerre, lors d'une campagne, lors d'une bataille, ou lors d'un combat. Cela s'explique simplement par le fait qu'un Etat, ou un combattant, qui n'a pas totalement envie de se battre n'utilisera qu'une partie de sa force parce qu'il ne voit pas l'intérêt d'en utiliser plus. Aussi, dans cette même optique, il sera plus enclin à en finir avec les hostilités dont il ne comprend pas l'utilité de les continuer. S'il est difficile, ou inutile, d'argumenter davantage pour démontrer que la volonté de se battre est un facteur décisif, il parait souhaitable d'illustrer nos propos.

LA GUERRE DU VIETNAM (de 1964 à 1973), UNE QUESTION DE MORAL 

La guerre du Vietnam pourrait faire l'objet d'un article entier, si ce n'est plus. Nous nous arrêterons donc seulement à l'aspect qui nous intéresse : quelle fut l'influence du facteur moral  sur l'issue de la guerre du Vietnam ?

  -En 1965, lorsque les Etats-Unis interviennent plus intensément, la majorité des américains semble être en faveur de l'intervention militaire au Vietnam ou en tout cas ne semble pas y être défavorable. Il n'y aurait qu'un quart de la population qui s'oppose à l'intervention.            -Côté Nord-Vietnam, côté Viet Cong, il semble qu'après une dizaine d'années de guerre le moral ne semble pas avoir flanché. Encore un bon nombre de vietnamiens sont engagés militairement pour réunifier la nation vietnamienne sous le Jong communiste.

Finalement, le conflit s'enlise. La guérilla vietnamienne est toujours aussi intense et ce malgré un accroissement des effectifs américains. Côté moral américain, l'opinion se divise peu à peu entre ceux qui sont favorables à l'intervention et ceux qui ne le sont pas. En tout cas, il n'en reste pas moins que beaucoup d'américains, dont leurs dirigeants, croient en une fin prochaine, une sortie au bout du tunnel.

Au début de l'année 1968, le Sud-Vietnam est surpris par une offensive majeure sur l'ensemble de son territoire. Cette offensive vise des villes, et en particularité la capitale Saigon dont les communistes ne désirent pas s'emparer mais plutôt provoquer un choc psychologique en attaquant des lieux symboliques : l'ambassade américaine, la station de radio nationale, etc. Cette attaque de lieux symboliques vise clairement un retentissement médiatique aux Etats-Unis. Cette attaque vise finalement à montrer que le Viet Cong est toujours présent, qu'il va continuer à se battre jusqu'au bout et qu'il est capable d'infliger des pertes. Aussi, cette offensive, dénommée "l'Offensive du Têt", se déroule en trois étapes : une première de janvier à mars 1968, une deuxième de mai à juin, une dernière de août à septembre. Ainsi, il fut difficile pour le gouvernement américain (lui-même démoralisé) de rassurer sa population, alors même que militairement l'offensive fut désastreux pour le Viet Cong qui, sous l'impulsion du général Giap, a utilisé toutes ses forces mais les a aussi toutes épuisées. Du reste, cette offensive marqua un tournant dans la guerre. La population se montrera par la suite farouchement contre l'intervention militaire. Et bien que les efforts du gouvernement américain à obtenir une solution diplomatique victorieuse furent presque fructueux, l'armée américaine bombardant massivement le Nord Vietnam, la volonté des nord-vietnamiens à se battre resta plus élevée que celle des américains. Et finalement, en 1973, l'armée américaine quitta définitivement le Vietnam.

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