La supériorité numérique.

Publié le par Jimoni

S'il y a un facteur de victoire déterminant en matière de stratégie, c'est bien la supériorité numérique. Nous savons que tout le monde s'en doute. Après tout, c'est très logique. Entre deux armées à armes égales, c'est l'armée la plus nombreuse qui a le plus de chance de gagner. Théoriquement (et pas du tout pratiquement), si une armée de 1100 hommes combat une armée de 1000 hommes, si elles se battent jusqu'à la "mort", et si elles s'infligent les mêmes pertes (de fait, à la fin de la bataille, 1000 tués de chaque côté) ; alors l'armée de 1100 hommes gagnera parce qu'elle lui restera 100 hommes. Donc, mathématiquement, la supériorité numérique garantit la victoire à armes égales.

Par ailleurs, de façon plus concrète, d'autres raisons expliquent l'importance de la supériorité numérique. Tout d'abord, la supériorité numérique confère du moral à l'armée qui en bénéficie, on se sent naturellement plus confiant lorsqu'on appartient au camp le plus nombreux, et à l'inverse on se sent en danger lorsqu'on appartient au camp le moins nombreux. Ensuite, elle accroît notre liberté d'action puisque les moyens humains supplémentaires permettent de faire des actions qu'il n'aurait pas été possible, ou qu'il aurait été difficile, à faire. Par exemple, lorsqu'on est plus nombreux que l'adversaire, on peut l'encercler. Ou encore, on peut utiliser une simple diversion. Nous pensons d'ailleurs qu'on peut facilement transposer ces raisons du domaine militaire au domaine sportif. Au football, perdre un joueur de son équipe après un carton rouge est démoralisant et inquiétant, et permet à l'équipe adverse d'avoir un joueur susceptible de ne pas être gêné par un autre joueur : bref, on retrouve ici les deux raisons de l'importance de la supériorité numérique dans les chances de victoire. Ce sont ici, il nous semble, les raisons principales.

En tout cas, les stratèges et les stratégistes ne s'y sont pas trompés. Ils savaient bien que la supériorité numérique était l'une des clés de la victoire. D'ailleurs, beaucoup ont préconisé et appliqué le principe selon lequel il faut toujours être supérieur à l'adversaire lors d'un engagement, c'est-à-dire lors d'une bataille. Sun Tzu, dans son livre "L'art de la guerre", disait déjà dès le Ve siècle avant J-C : "Les troupes que vous ferez avancer contre l'ennemi doivent
être comme des pierres que vous lanceriez contre des oeufs. De vous à l'ennemi, il ne doit y avoir d'autre différence que celle du fort au faible, du vide au plein." 
Par là, et en nous basant sur beaucoup d'autres passages de son livre, il expliquait qu'il fallait s'engager dans la bataille que lorsqu'on était certain de vaincre, donc lorsque notre supériorité le permettait. Bien après lui, Clausewitz affirmait que la supériorité numérique était la première garantie de la victoire. D'ailleurs, dans ses analyses des campagnes de Napoléon Bonaparte, il remarque que ce dernier était la plupart du temps en supériorité numérique lors des batailles qu'il commandait. Il nous explique finalement que c'est pour cela que Napoléon n'hésitait pas à attaquer le premier et de façon rapide, justement pour forcer l'adversaire à se battre en infériorité numérique. Et il avait raison.

Napoléon lui-même a affirmé ce principe de la guerre (parmi tant d'autres) dans les maximes qu'il nous a laissé. Nous le citons : "L'art de la guerre consiste, avec une armée inférieure, à avoir toujours plus de forces que son ennemi sur le point qu'on attaque ou sur le point qui est attaqué.". Ici, même s'il parle d'une armée inférieure, on retrouve l'idée de supériorité numérique lors de l'engagement, la bataille, qui, rappelons-le, apporte des conséquences très positives si elle est remportée ( pertes ennemies plus lourdes, gain matériel, etc. ).

En fait, l'importance de la supériorité numérique ne fait aucun doute. Tout le monde l'affirme. Cela relève du bon sens que de dire que pour gagner, il faut avant tout s'assurer d'avoir les moyens de ses objectifs. En l'occurrence, pour gagner un combat, il faut être supérieur en nombre si possible. Finalement, c'est à cela que nous voulions aboutir. L'art de la guerre est un art simple d'un certain point de vue, et pour être un bon stratège, il faut avant tout avoir un peu de bon sens !

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